Cilou, Blog d'une "dentiste sympa"

Recits et anecdotes tires de mon quotidien à la fac dentaire ou ailleurs...

03 mars 2008

Urgences

En ce moment, j'en parlais dans le billet précédant, on a des soucis de dossiers. Pour les sortir de la réserve, pour en faire de nouveaux. Les patients attendent, nous aussi. Réduction de personnel.

Bref, un soir vers 17h15, un patient arrive. Il est pas content. Il nous le fait savoir. Il vient de passer 45 minutes à attendre son tour pour faire son dossier. Il trouve ça ridicule apparemment, la paperasse c'est pas trop son truc. La suite le montrera d'ailleurs.

Il nous explique qu'il veut voir quelqu'un pour se faire arracher 2 dents, qu'il nous montre.
Une assistante lui répond qu'on ne va pas lui arracher des dents parce qu'il le désire, mais qu'on arrache une dent quand on peut plus faire autrement. Il répond qu'il veut plus de ces 2 dents. Elles lui font mal et il ne veut pas les soigner. Elle lui répond  qu'un dentiste peut l'examiner, mais que si les dents sont concervables, on ne lui fera pas l'extraction. Il rétorque qu'il attend depuis 45 minutes pour cela, qu'on aurait du lui dire dès le début.

Face à notre refus, il déchire son dossier en deux, et s'en va.

Tout ça pour dire que la situation actuelle au boulot est détestable. Tout le monde est sur les nerfs, et ça donne des situations de ce genre, ou tout le monde agresse tout le monde et personne ne se fait soigner correctement. 
Je ne jete la pierre sur personne, mais ya clairement un soucis.

Et qu'on vienne pas me dire que c'est aux étudiants dentistes de distribuer des dossiers. Déjà qu'on nous oblige à distribuer le matériel, répondre au téléphone, ranger le laboratoire (taches utiles mais moins qu'apprendre notre métier au fauteuil à mon sens), si on me demande de faire du travail administratif, là non.  Apprendre à gérer un cabinet oui, classer des dossiers non. Surtout si c'est pour pallier des réductions d'effectif de personnels administratifs. Je ne les rabaisse pas du tout, mais chacun son métier quoi...Ou alors, ils viennent nous remplacer au fauteuil ;)

Posté par Cilou38 à 08:56 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 février 2008

Ou pas.

Un patient à la consultation ce matin.

Fumeur, pontage cardiaque, diabète.

Vient pour refaire son appareil qu'il a cassé puis réparé à la super glue.

Refuse dans un premier temps de me donner la liste de ses médicaments.

Me dit que ça me regarde pas, ni ses médicaments ni sa consommation en tabac.

Je lui explique que c'est pas pour moi mais pour lui que je lui demande tout ça, et que même si je soigne ses dents pour lui, en fait je le soigne entier. Que si il fait un malaise je serais bien contente en appellant les secours de savoir sa situation médicale. Et que si il refuse, c'est lui qu'il dessert.

Il a juste besoin de son appareil. Il ne comprend pas pourquoi je lui demande tout ça.

J'ai juste envie de faire mon travail correctement, je comprends que je l'emmerde profondement.

On passe à l'examen dentaire. Il me montre son appareil, il a marché dessus. Je ne lui demande pas comment il en est arrivé à marcher sur son appareil. Ca, ça me regarde vraiment pas en fait.

Il a des dents à l'état de racines partout. Vu son état de santé, je lui explique qu'il va falloir les enlever avant de faire l'appareil, puisqu'actuellement celui ci s'appuie sur des racines, qu'elles sont toutes irritées du coup.

Il s'enerve. Brutalement. Se met à parler vite, fort.

Il vient pour son appareil, et que pour ça. Pas pour ses dents. Je le laisse parler, j'arrive pas à en placer une.

Je me refuse à élever la voix au fauteuil. Je n'aime pas crier, ni m'imposer. J'attend qu'il commence à répéter ses phrases.

Là j'enlève mon masque, je lui demande poliment si je peux répondre à ce qu'il vient de me dire. Le calme et la politesse c'est beaucoup plus destabilisant que les cris.

Je lui explique que je ne soigne pas les dents, mais les patients, dans leur globalité. Que je ne peux pas juste réparer son appareil et le laisser repartir dans la nature.

Il est vraiment très énervé. "vous allez me refaire mon appareil oui ou pas?"

Je lui répond non. Il avance sa main, je recule prudement parce que j'ai pas envie de m'en prendre une, calme apparent ou non, j'ai quand même un peu la trouille. Il récupère son appareil et s'en va en exprimant sa colère par des mots, c'est toujours mieux que de la violence physique. Mais quand même, je ne comprend toujours pas la violence envers les soignants. Je ne l'accepte pas, et j'espere que je ne l'accepterais jamais.

(ce billet est un mix de 2 situations, mais c'est du vécu...)

Posté par Cilou38 à 09:51 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 décembre 2007

Décalage

Les patients préssés.

Le patient préssé n'a jamais le temps. Il nous met des ultimatums, on doit finir avant l'été, avant le mariage de la fille, j'ai besoin de mes dents pour mon anniversaire.
On lui explique que ça marche pas comme ça, on fait notre travail, du mieux qu'on peut et le plus vite possible.
Ils ont du mal à comprendre que la santé n'est pas un bien de consommation comme un autre. Qu'ils ne peuvent pas négocier la qualité de notre travail.

Et souvent, alors qu'ils ont une demande de qualité rapidité très forte, ils n'hésitent pas à décaler, repousser, annuler des rendez vous. Et quand ça n'avance pas, parce que les rendez vous, il faut pas seulement les prendre, il faut y aller...Et bien dans ses cas là, c'est souvent le praticien qui se retrouve mis en cause.

J'essaye de me faire respecter par mes patients. C'est d'autant plus difficile que les patients sont dans la quarantaine. Les jeunes s'idenfient à moi, les personnes agées pensent à leurs petits enfants, mais les "ages moyens", j'ai encore du mal à les encadrer. Ils ont plus d'experience professionnelle que moi, supportent mal mon autorité, posent leurs conditions...

Je pense que ça vient aussi de moi, j'ai encore du mal à avoir terriblement confiance en moi, du haut de mes 2 ans d'experience. Je suis capable, mais face à des gens très demandeurs, il est difficile de rester tout le temps en confiance. De plus on montre tout ce qu'on réalise à des enseignants, ce qui ne met pas en confiance tous les patients ("si vous avez besoin d'un enseignant, vous etes sur de pouvoir me soigner correctement") et quand l'enseignant nous fait une remarque pour qu'on s'ameliore dans nos soins "place toi mieux, utilise plutot ce materiel..." ça peut être interprété comme de l'incompétence...

Mais j'essaye de travailler de façon à ce qu'il y est un respect equivalent de ma part et de la leur...

Posté par Cilou38 à 11:25 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2007

La fille qui voyait des cancers partout...

Faut que je me calme.

Je révise en ce moment pas mal. Notamment un cours sur les cancers de la bouche et surtout les pré-cancers.

Du coup j'en vois chez tous mes patients...Dès qu'il y a un truc louche, j'ai un doute affreux :p et maintenant que je sais que j'en vois partout, j'ai encore plus de doutes. Parce que je me dis, bon là j'ai un doute, mais si j'écrase ce doute en me disant "oh c'est fini là arrêtes de voir le mal partout" et paf c'est le cas où c'est vraiment quelque chose, t'auras l'air fine...

Du coup, je montre à mes collègues et aux enseignants qui se foutent de moins, parce que bien sur, c'est jamais rien.

J'espère ne jamais rien trouver. Mais en même temps je fais attention, parce que si jamais un jour ça m'arrive, il faudra pas que je passe à coté, parce que ça sera dramatique pour le patient.

Allez, ma rhinite est définitivement une bronchite maintenant, je suis aphone, c'est vraiment la fête. Demain 6 heures de boulot, au lit simone !

Posté par Cilou38 à 21:24 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 novembre 2007

Incompatibilité

Ce soir, j'ai rencontré mon premier patient incompatible. J'en avais déja vu, mais c'était des rendez vous ponctuels, où le patient venait pour un traitement d'urgence.

Le patient incompatible est (dans mes catégories personnelles), le patient qui sait ce qu'il veut. Le problème c'est que c'est complètement incompatible avec ce qu'on peut faire en tant que dentiste.
C'est un peu comme si un patient venait voir son médecin une plaie sur le bras et en demandant qu'on lui coupe le bras.

Mais le vrai patient incompatible n'écoute même pas les arguments du dentiste qui essaye de lui expliquer pourquoi ce qu'il demande est impossible à satisfaire. Certains patients arrivent avec des idées préconçues sur leur traitement, ce qui est normal. Le rôle du dentiste est alors d'expliquer les solutions possibles aux patients, et de l'aider dans son choix, en lui apportant une information honnête et surtout claire.

Mon patient de ce soir est venu, a passé une radio, un premier examen. Je lui ai demandé ce qu'il voulait qu'on fasse pour lui. C'est important de savoir ce que le patient veut qu'on fasse de ses dents. Il m'a dit. Je lui ai dit que dans ce cas, c'était impossible pour moi d'arriver au résultat qu'il attendait. Je lui ai présenté les solutions qui s'offraient à lui. Sans lui mentir, en prenant des gants, parce que certaines choses sont dures à entendre.

Il a refusé toutes les options que je lui proposais. Non pas à cause de leur cout, ni de leur temps de réalisation. Parce qu'il était venu avec une idée de traitement et qu'il voulait cela. Et pas autre chose.

C'est son droit le plus absolu de n'être pas d'accord avec moi et de refuser de suivre le traitement que j'envisage de lui faire. J'ai appelé un enseignant pour qu'il explique au patient. Parfois l'experience et la présence d'un prof rassure et tranquillise les patients...

Pas là.

Il insistait, encore et encore pour qu'on lui fasse ce qu'il était venu chercher. Il était persuadé qu'en insistant assez, on allait subitement changer d'avis, et lui faire ce qu'il voulait.

Le problème c'est que ça marche pas comme ça.

Quand il a vu qu'il n'arrivait pas à négocier, il a haussé le ton. Qu'on lui faisait perdre son temps, qu'il était venu pour rien.

Manque de bol...je lui ai expliqué que moi j'avais pris le temps de bien lui expliquer ce que je pouvais faire pour lui, mais que je lui devais d'être franche dans mes options de traitement et pas lui promettre la lune. Juste le possible. Qu'il n'était pas venu pour rien, parce qu'il avait été examiné, renseigné et que c'était à lui de choisir en fonction de toutes les informations.

Il est reparti, en disant qu'on l'avait profondement déçu par notre attitude uniquement scientifique et absolument inhumaine.


C'est dur à accepter, mais j'avais envie de lui hurler que ça faisait 45 minutes que je parlais avec lui en essayant de faire correctement mon travail.
Image

Et pi c'est tout.

Posté par Cilou38 à 23:31 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 novembre 2007

L'automédication, c'est tabou...on en viendra tous à bout...

La semaine dernière, pendant une vacation de soin.

Mon patient n'est pas venu.

Je suis obligée d'être présente le temps de ma vacation, même si je ne fais rien. Je lis donc mes cours et mes trucs pour l'internat, avec de la musique pour m'isoler un peu des bruits de soins dentaires.

Mais si j'ai de la chance, j'ai la possibilité de soigner un patient qui vient en urgence, sans avoir de rendez vous.

Ce qui était le cas ce jour là.

Un patient, douleur insoutenable, depuis 2 jours. Avant de l'examiner, et même si ça l'énerve, je lui demande ce qu'il a pris.

Face à une rage de dent, j'ai vu de tout comme automédication. Du paracétamol aux substances illicites, même du viagra (no comment :D). Je dois demander ce qu'ils ont pris, parce que ça a des effets sur la rage de dent, et que ça peut modifier ce que je peux donner au patient.

Là il avait pris des vieux comprimés d'amoxicilline (un antibiotique très utilisé en cas d'infection diverses) périmés "oh d'à peine deux mois" qui lui restait d'une infection non dentaire. Ainsi que des anti-douleurs divers et variés.

Il avait pris ça 2 jours, avant de tomber en panne sèche. D'où sa venue, pour se faire renouveller l'ordonnance.

Hmmm

Le pire, c'est que ça arrive tout le temps.

Pour info, un traitement antibiotique non prescrit est souvent inefficace parce qu'il n'est ni correctement dosé (trop ou pas assez de prise) ni sur une durée correcte. Je ne vais bien entendu pas donner la posologie correcte, parce que seul un dentiste peut déterminer par un examen clinique et radiologique si oui ou non vous en avez besoin.

Et oui, rappellez vous, les antibiotiques, c'est pas automatique.

Le seul moyen de soigner une rage de dent, c'est un soin dentaire. Les médicaments soulagent et traitent l'infection, mais ne guérisent pas la source, qui est une carie dentaire ou une autre cause infectieuse, et certaines douleurs dentaires ne sont même pas dues à des caries.

J'ai donc fait mon travail. Je lui ai soigné sa dent, ce qui l'a soulagé immediatement (la douleur est due à la pression dans la dent, qui fait comme une cocotte minute). Je lui ai prescrit un vrai traitement. Je lui ai expliqué le danger de s'automédiquer avec des antibiotiques : ces molécules sont des traitements de choix, mais leur emploi développe des résistances. Il faut donc éviter leur usage au strict nécessaire.

Mais j'ai conscience que la douleur dentaire est quelque chose d'insupportable. Qui fait souvent faire n'importe quoi :)

Posté par Cilou38 à 10:16 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2007

Le Casu du dentiste...

Un Casual, pour moi c'est quelqu'un qui joue/lit/fait quelque chose de temps en temps, sans se mettre la pression.

Dans mon travail, un casual est une catégorie de patient que je déteste soigner. Le patient qui vient quand il a mal. Se fait soigner ponctuellement. Et repart dans la nature sans finir le soin. Tant qu'il n'a pas mal, il ne reviendra jamais vous voir. Et même si il a mal, il ira voir quelqu'un d'autre. Histoire de pas trop s'attacher.

Ce que j'aime dans mon métier (pour ce que j'en connais pour l'instant, la vie est longue), c'est suivre des patients. Peut m'importe l'état de leurs dents, leur haleine ou leur hygiène. Pour moi l'important c'est de les suivre, les soigner, les faire progresser dans leur hygiène et rendre leur bouche niquel. Là j'ai l'impression de faire correctement mon travail, et humainement c'est plus enrichissant que de se dire qu'on fait juste des trous dans les dents, puis on les bouche.

Soigner l'urgence est interessant j'entend bien. Mais comme c'est frustrant de ne faire que ça.

Maintenant je sais à la fin du premier rendez vous, quand j'ai soigné une urgence et que je fixe le rendez vous suivant pour d'autres soins si le patient reviendra, où si il jettera directement son papier de rendez vous en sortant. On ne peut pas forcer les gens à se soigner et j'ai jamais menacé personne.

Mais je n'arrive pas à comprendre.

Pour donner un exemple, ce soir. Un patient arrive, il a mal à une dent, rien de bien méchant. Il lui manque déja à 30 ans plus de 5 dents. Il a des pansements un peu partout sur ses dents. Un pansement est temporaire, en attendant les soins, pour proteger jusqu'à la séance suivante, le dentiste en pose.
Je lui soigne sa carie, et je lui fixe un rendez vous en lui expliquant l'importance de remplacer les pansements par un matériau plus étanche. Je lui explique que ça sera rapide.
Je sais que je ne le reverrais pas. Un je-ne-sais-quoi de fuyant dans le regard.

Tant pis.

Posté par Cilou38 à 22:17 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 septembre 2007

The Sopranos

Ce matin, une patiente vient pour refaire des plombages. Je lui fais ses soins, et juste avant de partir du fauteuil pour prendre rendez vous, je lui demande si elle a des questions.

-"Pourriez vous me faire un blanchiment d'argent?"

Fou rire général

-"Oh je suis désolée, je dis n'importe quoi! En fait j'ai vu en arrivant sur le panneau du service que vous faisiez du blanchiment d'argent".

Fou rire, elle s'enfonce :)

Je lui explique qu'on réalise un blanchiment des dents, comment ça marche etc...Elle fait encore le lapsus à chaque fois.

A la fin, n'y tenant plus, je lui demande si elle a des liens avec la mafia. Elle redevient tout à fait sérieuse : "mais pas du tout!"

Je lui explique que je plaisantais :)

On reprend rendez vous, pour un blanchiment d'argent donc...

Posté par Cilou38 à 18:10 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 septembre 2007

Just right Back :)

Lundi c'était ma rentrée. Toute cette semaine, je bosse le matin au centre de soins. Tous les étudiants doivent un certain nombre de jour pour faire tourner le centre de soins l'été. J'ai pris ma semaine juste avant la rentrée pour me remettre dans le bain :) Ca a pas loupé !

J'arrive le lundi matin, complètement décalquée, on vient de passer une semaine devant nos pcs, il y avait du monde qui dormait à l'appart, peu de sommeil. Je suis en retard en plus (enfin moins en avance que d'habitude), je m'habille fissa et je vais préparer mon box pour mon premier patient de l'année!

Qui ne vient pas. Forcement...

J'en profites pour manger le bout de brioche acheté avant d'arriver avec un bon café.

La rentrée, ça me donne envie de gerber >_<

Je remonte, il y a une urgence, on est parti, j'espère pour la petite dame que j'ai pas perdu la main pendant l'été !

C'est une petite mamie,qui vient avec son mari. Elle me suit dans mon box, sort une boite de boules quiès de sa poche, et me tend 2 bouts de dents.

"Elles sont tombées les vilaines!"

Rien que ça :)

Je lui demande de s'asseoir sur le fauteuil et de me laisser ma chaise roulante. Je sens que je vais besoin d'être assise :)

Elle me raconte son histoire, j'identifie un vieux composite et une couronne provisoire en résine. Je lui explique. Elle me dit qu'elle n'a pas mal, qu'elle n'a jamais eu mal aux dents, mais que son mari va devenir fou si je ne fais rien.

Je reflechis avant de lui demander pourquoi...Ai je vraiment envie de savoir?

"Et bien, en mangeant, les aliments vont de mettre dedans, alors avec mon cure dent, je suis obligé de manger et de nettoyer tout le temps".

Je regrette d'avoir mangé ma brioche.

Je lui explique que je comprend parfaitement et qu'on va régler tout ça. Je l'encourage à poser sa boite, que je n'aurais pas besoin de tout ça et qu'elle repartira avec des pansements et une nouvelle dent provisoire.

Elle me plait bien cette mamie...

Je commence les soins, je remarque qu'elle se bousille les gencives avec ses cure dents, je lui conseille les brossettes interdentaires.

Je fais ses soins, une prescription de brossettes, un prochain rendez vous pour une leçon de brossettes (on sait jamais, vu comme elle utilise les cures dents, j'ai peur :o) et la suite des soins.

Son mari me sert la main en partant, et la mamie revient me voir, l'air tout génée.

"Au fait, mon mari, il a mal aux dents lui."

Hop, no problemo, rendez vous pour le papy aussi ;)

J'aime bien les patients comme ça. La plupart des gens les trouvent chiants, parce qu'ils parlent trop. Mais je trouve que pour soigner un patient, faut l'écouter raconter pourquoi il vient. Même si ça fait perdre 5 minutes au début, après on a la paix pour bosser, et la confiance du patient.

Ma deuxième patiente est venue, ainsi que 2 urgences.

Ca m'a fait du bien de réaliser qu'après presque 2 mois sans dents, j'étais toujours capable de faire les gestes. Et même, je trouve que c'est profitable ce genre de coupure, ça permet de prendre du recul.

Bon, la semaine prochaine, vacances, et le 24, vrai rentrée.

Posté par Cilou38 à 01:30 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juillet 2007

Dernier patient de l'année (suite et fin)

Le prof lui explique que si il refuse de se laisser soigner, on ne peut pas le faire dans de bonnes conditions, qu'on est pas là pour le faire chier, mais pour le soigner du mieux possible.

Là, il regarde sa montre, et il explique qu'il doit partir, tant pis, on lui remet un pansement, il fera avec.

On lui explique qu'on ne peut pas refermer sa dent. Elle est infectée, il faut soit la soigner tout de suite, soit la laisser ouverte en attendant vendredi. Sinon l'infection va reprendre de plus belle et comme la dent est fermée ça va faire un mal de chien.Il nous explique qu'il ne peux pas rester la dent ouverte, parce que quand il mange ça va se salir. 

Ca c'est compréhensible, on rajoute qu'il faudra bien nettoyer la dent après les repas, mais que c'est mieux pour lui de pas avoir mal et de devoir nettoyer sa dent que de la refermer. Le prof est hyper patient, il essaye de lui faire comprendre que c'est pas pour le faire chier qu'on dit ça, il utilise une bonne métaphore (une cocotte minute sous pression). Mais rien à faire, il veut un pansement.

Je lui explique que je ne peux pas faire un pansement dans ce cas là. C'est pas professionnel. Il dit qu'il se le fera faire ailleurs. Libre à lui :-/

Il repart donc, avec une attestation de présence pour son travail (tout cela a duré plus que 30 minutes...).

C'est étrange de finir l'année comme cela. J'aime pas les échecs et ceci en est bel et bien un. Je n'ai su ni le convaincre, ni le toucher, ni le faire accepter que je connaissais mon métier. Pour lui j'étais juste une étudiante (une femme en plus sic) qui y pige rien.

Mais je me dis que de toute façon le prof qui a plus d'autorité et d'expérience que moi a essayé le même échec, et qu'il y a des patients qui refusent les soins.

En conclusion, j'ai eu juste après une patiente adorable avec qui le courant passe naturellement.


 

Posté par Cilou38 à 18:17 - A la fac (histoires de patients) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »